Le Douro en croisière (Portugal)

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Le Douro, berceau odorant du vin de Porto

Il coule entre les vignobles qui semblent tomber à pic dans ses eaux scintillantes comme pour épater les croisiéristes. Il est le témoin privilégié de tous les secrets de fabrication du vin de Porto connu et exporté depuis des siècles. Il distille un art de vivre romantique et nostalgique au coeur d'une nature sauvage balayée par des parfums d'oranges et de mimosas en fleurs. Tout au sud de l'Europe, le Douro, fleuve d'Or du Portugal, raconte la très belle histoire d'amour de l'homme et de la vigne sur un air de fado. Les vignobles constituent la grande attraction de la vallée du Douro. Il a fallu vingt siècles depuis les Romains, pour réaliser cette architecture de terrasses et de gradins et planter les vignes accrochées à des versants inclinés jusqu'à 70° pour certains. Le travail n'a pas été facile. Des générations de vignerons ont construit des milliers de kilomètres de murets de soutènement qui grimpent jusqu'à 700 mètres d'altitude.

Le vin de Porto, depuis le XIIIe siècle

La récompense de tous ces efforts, c'est le vin de Porto dont raffolent les Anglais depuis le XVIIe siècle. En 1670, Bartholomew Bearsley, fils d'un marchand de laine et de morue séchée établi à Viana do Castelo, a été le premier Anglais, en compagnie de John Croft, à partir en reconnaissance dans la vallée du haut Douro pour s'approvisionner en vins. Premier étranger à y construire une « quinta », une ferme viticole comme on en voit ici et là jusqu'à Barca d'Alva, près de la frontière espagnole. Ces belles demeures immaculées qui illuminent les vignobles grouillent d'une vie intense pendant les vendanges qui se pratiquent encore souvent « à l'ancienne ». L'appellation de Vin de Porto apparaît en 1675. L'histoire raconte que la formule du porto a été mise au point par un religieux qui versa quelques mesures d'eau-de-vie dans une cuve afin de bloquer la fermentation des raisins pendant leur transport en bateau. Mais il faudra attendre plusieurs décennies avant que ne soit obtenu le vin que l'on connaît de nos jours, mélange d'une quinzaine de crus d'âge et de qualité divers. La région du Douro est la plus ancienne région d'appellation d'origine contrôlée du monde. Elle totalise près de 30000 hectares de vignes répartis entre 26000 vignerons. Longtemps, les barils de vins chargés à bord des « barcos rabelos », ces nefs à profil phénicien ou « bateaux à queue » ont été transportés jusqu'à Porto par voie fluviale. Ces barques colorées ne constituent aujourd'hui plus qu'une attraction touristique de la ville portuaire qui invite à déguster son vin capiteux dans les caves de Vila Nova de Gaia sur l'autre rive.

 La vie en rose

Cet intermède de gourmet vous fera voir la vie en rose. Rose comme les toits de la ville portuaire qui donne son nom au vin. Une touche de gaieté dans cette forteresse de granit qui ne hurle pas joie à première vue. C'est qu'il faut la regarder de près. La découvrir en s'immisçant dans sa vie, dans le dédale d'escaliers et de ruelles encombrées de linge. Et voilà que l'huître s'ouvre. Là une chapelle baroque, ici un palais néo-classique. Des halles de commerce qui grouillent de monde. Des murs réveillés par la lumière des "azulejos", ces fresques typiques en carreaux de faïence bleue qui racontent dans le quartier de Ribeira en particulier, sa vie, son passé, ses croyances. Toutes les influences, romaines, maures, arabes, anglo-saxonnes, ont laissé leurs traces à Porto. La Tour des Clercs, clocher de plus de 76 mètres de hauteur, érigé au XVIIIe siècle, offre une vue panoramique sur Porto et son centre historique classé au patrimoine mondial de l'Unesco. La deuxième ville du Portugal, battue par les flots de l'océan Atlantique, est une métropole de 350000 habitants au trafic intense. Trois ponts facilitent la vie économique de la région : Celui érigé par Gustave Eiffel à la fin du XIXe siècle enjambe les 150 mètres de la vallée du Douro d'une seule portée.

Assagi par cinq barrages

Une autre vie, cachée loin en amont du Douro, attend le touriste. Celle plus rugueuse et plus chaleureuse à la fois de la nature sauvage. Entre une haie d'honneur de vignes sur près de 200 kilomètres de Porto à la frontière espagnole, le fleuve d'Or reprend le devant de la scène. On le dit langoureux. C'est vrai. Mais il a fallu l'assagir. Long de 850 kilomètres, il prend sa source en Espagne, dans la Sierra d'Urbion, à 2250 mètres d'altitude et se présente comme une sage rivière dans la traversée de la Castille. Mais dès qu'il pénètre au Portugal, il se transforme en torrent impétueux. Cinq barrages, qui font également l'attraction du fleuve, calment son cours: Crestuma, Carrapatello qui est le plus haut d'Europe avec 35 mètres, Régua, Valeria et Pocinho ponctuent le cours du fleuve qui peut connaître des crues spectaculaires. Il accueille en outre de puissantes centrales hydroélectriques. Quelques escales culturelles et poétiques s'imposent. Parmi les plus remarquables, la visite de Vila Real, reconnue pour son architecture religieuse, à condition de pousser la balade jusqu'au manoir « Solar Mateus ». Plus loin, Pinhao et Barca d'Alva, royaume de Bacchus par excellence, garantissent l'ivresse des sens au coeur d'un pays qui a longtemps vécu recroquevillé sur lui-même.