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Publié le : 11/07/2014

Voyage entre la Serbie et la Croatie, frères ennemis

Aux premières heures de ce 5 juillet, nous amarrions à quai dans la seconde plus grande ville de Serbie, Novi sad. Ce matin, l'excursion serait destinée a voyager à travers la campagne du pays, puisque sa capitale, Belgrade, avait déjà été visitée. Dès 8h, la visite guidée commença. Le temps de monter dans les bus et de faire connaissance avec nos guides, et nous étions partis.

Pour débuter, c'est le monastère de Krusedol que nous visiterions. Enclavé par un mur rouge bordeaux, il aurait été compliqué de passer outre. Une fois cette muraille, davantage esthétique que défensive, franchie, nous découvrîmes un parc au couvert des arbres menant au monastère orthodoxe datant du XVIème siècle.  


Malheureusement, c'est lorsque nous y pénétrâmes que nous fûmes informés de l'interdiction de prendre des photos à l'intérieur de l'église. C'est bien dommage étant donné qu'elle est réputée pour ses somptueuses peintures. On eut d'ailleurs ouïe dire que plus de 3000 saints y étaient représentés.


La matinée se poursuivit ensuite par la visite de Sremski Karlovci, paisible petite ville qui, pourtant, est dotée d'une importance culturelle auprès des Serbes. Non seulement c'est un ville épiscopale, mais c'est aussi ici que la première bibliothèque du pays a été fondée. De plus, cela fait maintenant bien longtemps qu' un lycée y est destiné aux futurs prêtres et membre de l'Eglise. Mention spéciale à la place principale de toute beauté. L'architecture y est influencée par l'Autriche qui, fut une époque dominait le pays. S'y trouvent aussi la cathédrale orthodoxe ainsi qu'une église plus modeste. Le tout dans un ensemble splendide et homogène, complété par des espaces verts, fontaine et cafés. Bref, très sympathique.


La visite guidée s'acheva par Novi Sad, aussi connue comme l'Autre Athènes. De fait, la ville était le centre intellectuel du pays, et bien plus, il y a de ça pas si longtemps. On y venait étudier et pratiquer les sciences. A voir, rien que pour son cœur historique, ses ruelles pavées et ses bâtiments aux couleurs pétillantes de vie. 


L'heure du départ avait cependant déjà sonné, et le M.S. Vivaldi jeta l'ancre dès notre retour à bord. Mais les découvertes de la journée ne s'arrêteraient pas là.

Après quelques heures de navigation, nous étions de retour en Croatie. Pour commencer, nous visiterions la ville médiévale d'Ilok et son musée, ancien château, de nos jours rénové. S'y trouvaient quelques artefacts de la bourgeoisie de l'époque, mais aussi une quantité assez remarquable d'armement, de l'époque Romaine à la Seconde Guerre mondiale. Ainsi on passait du glaive des légionnaires aux mitrailleuses utilisées en 39-45 tout en passant par les premiers fusils, accompagnés de sabres courbés rappelant ceux des conquistadors. Le prochain arrêt serait marqué chez un producteur local de vin, le temps de déguster quelques une de ces meilleures cuvées de vin blanc. Ce fut là un moment agréable passé autour d'une table, à discuter, boire et manger.

  

Mais, une fois encore, l'heure de retourner a bord avait déjà sonné. Cependant, pour rejoindre le navire de croisière, nous passerions par Vukovar, ville croate ayant été l'une des premières à résister à l'invasion Serbe. Le coût de cette acte de bravoure fut énorme. Quand, des années après le siège de la ville, les forces croates reprirent la ville, ils ne découvrirent que des décombres, comparables à ce qui restait de Dresde, en 1945. Aujourd'hui, la population compte 27 000 habitants, contre 80 000 ville en 1989, soit approximativement un tiers. Une portion de la ville a été rebâtie, mais une grande partie reste en ruine. On y dépose chaque année des fleurs, en souvenir. Nous vîmes la tour d'eau, plus haut édifice des environs, ce qui en fit une cible de choix. Bien que ne représentant aucun intérêt stratégique, le bâtiments à été frappé par plus de 12 000 impacts de balles et d'obus, simplement pour en faire un exemple. On reste sans mots à ses pieds.


Ce qui m'amène au point le plus marquant de la journée, et ce de très loin. La matin, un guide Serbe nous accompagnait et débattait avec passion des années 90. Il en conclut que, depuis, son peuple et lui-même n'ont connu que misère et souffrance, réduit à vivre dans un pays en ruine, à l'économie brisée. Pourtant, d'après lui, jamais le peuple n'a demandé cela. Et l'après-midi, c'était la vision croate qui nous était témoignée, la vision d'un pays martyr, d'un pays détruit pour son idéal de liberté. Difficile d'exprimer la détresse et la tristesse qui hante ces deux pays, tous deux victimes du choix de quelques "élus". Après ça, notre regard sur les évènements d'ex-Yougoslavie ne pourra plus jamais être le même.

Historiquement et culturellement, cette journée s'est avérée inestimable.


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