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Publié le : 19/07/2014

Sur les traces du D-Day, visite des sites majeurs du débarquement

Bonjour à tous, avant que ne vous débutiez la lecture de cette article, prenez, je vous prie, le temps de lire ces quelques mots. Ce qui va suivre est un article dédié à la plus marquante journée depuis le début de ce photo tour. Si marquante qu'il est impossible de la résumer en si peu de mots, voire seulement en mots. Cependant, j'aurai essayé, de mon mieux, de partager avec vous cette journée. C'est pourquoi cet article est considérablement plus long que d'accoutumé. Malgré tout, lisez-le jusqu'au bout, vous ne le regretterez pas.

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La journée d'aujourd'hui était placée sous le signe d'un choix presque cornélien, dès les premières heures. Deux excursions nous étaient proposées, chacune en tout point caractéristique de la Normandie connue et reconnue. D'un côté, nous pouvions participer, le matin, à une visite guidée de la magnifique ville d'Honfleur pour, l'après-midi, parcourir la romantique côte fleurie et ses villes telles que Deauville et Trouville. De l'autre côté, nous revivrions l'Histoire et l'un des plus grands tournants du XXème siècle, ici en Normandie : le D-Day. Toutes la journée, nous revisiterions les lieux clés d'une journée gravée dans le marbre. C'est cette dernière option que je choisissais alors de suivre.


Certains passagers de cette croisière sur la Seine sont Canadiens, c'est pourquoi, à leur demande, nous firent un premier arrêt au cimetière canadien. C'était là un magnifique cimetière, entretenu et soigné pour rendre hommage à ceux qui ont péri pour un pays qui n'était pas le leur. Les tombes, où la feuille d'érable y était rappelée, étaient toutes rendues uniques par les quelques mots gravés à sa base. Pour certains, nous pouvions lire des mots d'adieux, alors que pour d'autre des mots de remerciements. C'en devenait accablant et d'une tristesse inouïe, d'autant plus que l'âge des défunts, au moment de leur mort, est indiquée sur chaque tombe. Jusqu'à ce que je rencontre celle d'un soldat tué à l'âge de 18 ans, soit l'équivalent du mien au moment où j'écris ces mots, de remerciements eux aussi.


Après cette introduction déjà émouvante, nous nous rendîmes sur la première plage de débarquement de la journée, Juno Beach, là où les Canadiens débarquèrent en libérateurs.


 La destination suivante était Arromanche, où il n'y eut pas de conflits. En réalité, la ville avait été réorganisée par les Alliés lors de la Bataille de Normandie comme un immense port artificiel, plus qu'essentiel à leur avancée lors des premiers jours. Sur le chemin, nous vîmes défiler les étendues de sable qu'étaient Sword et Gold Beach, où débarquèrent les Britanniques. Enfin nous arrivions au cinéma 360° d'Arromanche. Des années de recherche et de collecte parmi les archives américaines, britanniques, allemandes et françaises avaient abouti à la création d'un film d'une quinzaine de minutes et diffusé sur 9 écrans, entourant toute la salle. 


L'espace de ces quelques minutes, nous avons été transporté au plus près des évènements narrés depuis maintenant 70 ans. Sous nos yeux, ne se déroulait pas fiction, mais réalité, le tout renforcé par une ambiance sonore irréprochable. On n'ose respirer lors de la chute des bombes, du largage à l'impact. Certains en sortent sans un mot, tandis que d'autres ressentent le besoin d'exprimer ce qu'ils ont ressenti.


Pour déjeuner, le guide nous emmena dans un restaurant doté de grandes baies vitrées et d'une situation idéale pour permettre la contemplation de la Manche. Aujourd'hui encore, certaines parties du port artificiel restent visibles en surface, tandis qu'une autre partie compose maintenant le lit de la mer. Après quoi, nous firent une courte halte aux batteries allemande de Longues sur Mer. Ici, 4 batteries étaient conservés en extérieur, dans leurs bunkers. Le tout dans un état exceptionnel. On en apprend plus sur ces batteries, capables de faire feu jusqu'à 25km dans les eaux et rendus opérationnels par 11 soldats, ni plus, ni moins.


 

Vint alors ce que tous nous attendions tout en craignant d'y arriver : le cimetière américain, en hauteur, tout proche de la plage d'Omaha. Célèbre, ce lieu n'est plus à présenter et est, de nos jours, devenu un symbole du sacrifice américain. On y compte 9387 tombes, dont environ 400 anonymes. Sur certaines, on remarque des roses déposées plus ou moins récemment, signe que non, nous ne vous avons pas oublié. 


On se rappellera alors de la scène d'introduction du film de Steven Spielberg "Il Faut Sauver Le Soldat Ryan" qui s'y passe, un vétéran marchant parmi les croix blanches dans le but de retrouver un frère d'armes défunt. Comme lui, on y erre, sans oser détourner le regard des noms qui s'y trouvent ni sans prononcer mot. Seul le vent perturbe ce calme infini quand alors, à 15h exactement, l'hymne aux morts retentit, ayant raison des larmes tant bien que mal dissimulées. Alors un seul et unique mot nous échappe : "merci".


 

A la fois heureux et immensément émus, nous quittons le cimetière pour visiter ce qui serait la dernière étape de cette journée, la pointe du Hoc. S'y trouvaient 6 batteries allemandes de 150mm, hautement défendues du fait de leur emplacement stratégique. 


En effet, ces batteries peuvent à la fois pilonner les plages de Omaha et de Utah, si bien que le site devait être neutralisé avant les premières lueurs annonçant le débarquement. Pour ce faire, bombardements de masse et déploiement de soldats d'élites étaient nécessaires. Aujourd'hui, il reste quelques bunkers, pour certains ensevelis sous les gravats et la nature elle-même. Nature qui garde des marques indélébiles des bombardements. Avant de partir, on jette un dernier coup d'œil vers le bas des falaises, les mêmes qu'un commando a un jour gravit de nuit.


Nous furent de retour le soir, toujours un peu retournés par tout ce que nous avions vu. Une balade dans les vieilles rues de Honfleur s'imposa alors, histoire de se changer les idées et de profiter de la beauté d'une des plus belles villes de France. On comprend alors pourquoi Baudelaire avait, toute sa vie durant, rêvé d'en faire son chez lui. Habiter au bord de ce vieux bassin, auprès des voiliers et des bateaux de pêche ne doit pas être si déplaisant, après tout. Puis vint l'heure de se reposer, même si le sommeil se fait dur à trouver. Enfin on s'endort, reconnaissant.


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