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Reportage : Une semaine en croisière sur le Danube à bord du MS Symphonie.

Croisière du 24 septembre au 1er octobre 2019.

Référence WBB_PP : Les perles de l'empire austro-hongrois

- Jour 1 : Le Danube et ses eaux bleues -

A l’ombre de l’église Saint-François d’Assise de Vienne, en un ballet incessant, une multitude s’affaire pour apprêter le beau bateau blanc. Mardi : c’est « jour de change ». Posé sur la robe veloutée du Danube, le MS Symphonie se prépare à accueillir ses nouveaux passagers pour un voyage de mille kilomètres sur fleuve de légende, promesse d’un émerveillement de chaque instant. Ils sont 94, de dix nationalités différentes, salués par le sourire de Julien et d’Alexia, le commissaire de bord et l’animatrice. 


 Ils arrivent d’Aquitaine et du Québec, de Macédoine et d’Israël, de Catalogne et d’Australie, en couple, en famille ou entre amis. Il y a ceux qui célèbrent un voyage de noces ou un anniversaire de mariage, ceux pour qui la croisière fluviale est une première, d’autres pour qui elle est un art de vivre, une expérience paisible et romantique, propice à la rêverie. Il y a les fidèles et les nouveaux, ceux qui viennent et ceux qui reviennent, ceux pour qui c’était un rêve. Tous épris de culture et d’évasion, friands de découvertes, de rencontres et de partage ; tous avides de voyager autrement. Le Danube, sage et grand, les attend. 


 Carole habite Pau. Elle sait tout, ou presque, de ce fleuve allégorique empreint de douceur, qu’elle retrouve comme on retrouve un vieil ami, avec une infinie tendresse et un plaisir sans cesse renouvelé. Elle a lu les poèmes d’Attila József et les contes d’Andersen, Jules Verne, Magris et Chateaubriand, dont le Danube a nourri l’inspiration. Tous ont rendu hommage à ce long chemin silencieux, témoin de siècles d’Histoire, qui sinue avec une majestueuse insouciance entre monts et merveilles, riches campagnes et larges prairies, traversant dix pays et quatre capitales sur son « cours de sept cents lieues ». 


 Le compositeur Johann Strauss fils lui a même intitulé son célèbre opus 314, suite de cinq valses aux multiples nuances entrée dans l’histoire sous le nom de « An der schönen blauen Donau » : Sur le beau Danube bleu. Le premier tube planétaire de l’histoire de la musique, joué chaque année plus de 300 000 fois, que l’on entend aussi bien à l’opéra que dans la bande originale de « 2001, l’odyssée de l’espace », « Mr Bean » ou des classiques d’Hitchcock.


Bleu, jaune, gris ou blond, chacun voit dans le Danube la couleur de ses propres émotions… Au soleil rasant, voilà qu’il se moire bientôt sous une lumière sirupeuse, prend des reflets cuivrés. Après la joyeuse présentation de l’équipage, dans la fraîcheur du soir naissant, le MS Symphonie a levé l’ancre. Silencieusement, il s’est lancé entre le ciel et l’eau, à la rencontre d’une pléiade d’émotions.

- Jour 2 : L’abbaye de Melk et les trésors du Danube -

Ancien château de la Maison des Babenberg devenu monastère bénédictin, l’abbaye de Melk surplombe le Danube, dressée sur un éperon rocheux. C’est la première escale du Symphonie. Deux bus attendent les passagers, pour les conduire au cœur de ce centre spirituel et culturel qui rayonne depuis plus de mille ans, éminent chef d’œuvre baroque où le jaune des façades marie le vert des jardins et où se mêlent marbre, bois précieux et feuilles d’or. C’est dans ce cadre envoûtant, où chaque pas est une aventure, qu’Umberto Eco a situé l’intrigue de son célèbre thriller médiéval « Le nom de la rose », dont le jeune Adso de Melk est le narrateur.


Deux clés d’or croisées sur fond d’azur, armoiries de l’abbaye, accueillent le visiteur. Elles sont le prélude à un fascinant voyage, de la Cour des Prélats au Jardin du Paradis, en passant la magnifique église et l’imposante bibliothèque, qui figure parmi les plus somptueuses du monde. Entre bois foncé, sculptures délicates et fine marqueterie, véritable écrin de foi et de savoir, elle renferme plus de 100 000 volumes, sermonnaires, précieux incunables et manuscrits anciens, théologiques, encyclopédiques ou historiques, dont le fragment d’une copie de la chanson des Nibelungen.


À peine le temps de lancer un dernier regard à l’abbaye que déjà, au détour d’une boucle, se profilent les vestiges du château de Dürnstein. Ici fut emprisonné Richard Cœur de Lion, de retour de la troisième croisade. La légende raconte que son fidèle héraut, le troubadour Blondel de Nesle, parcourut la vallée à sa recherche, chantant une romance qu’ils avaient composée ensemble. C’est lorsqu’il entendit la voix du souverain répondre au refrain qu’il parvint à le retrouver. Il faut de bonnes jambes pour grimper jusqu’aux ruines de la forteresse. Sasko et son épouse Vera, venus de Macédoine, ne regretteront pas l’ascension, qui leur a également permis une vue imprenable sur la vallée. Le verdict tient en seul mot : « Amazing ! ».


D’autres choisiront de visiter l’abbaye des Augustins, bijou baroque au joli clocher bleu, d’acheter un souvenir à base d’abricot, grande spécialité locale, ou de flâner au gré de la rue pavée qui traverse le village. Une plaque y rappelle qu’ici, en novembre 1805, les soldats des armées napoléoniennes, « à un contre quatre », ont résisté aux troupes russes. Difficile d’imaginer la folie des hommes et la fureur du canon déchirer ce havre de quiétude. Le Symphonie quitte la vallée de la Wachau. Il vogue paisiblement, entre sarments de vignes et vastes vergers. Et comme dans une poésie de Sazerac, le paysage offre à chaque regard une profusion de richesses : « À chaque instant la scène change ; De frais tableaux, d’aspects divers ; C’est un splendide et grand mélange ».

- Jour 3 : Bratislava, capitale slovaque -

Sur le Symphonie, Julien est toujours le dernier couché et le premier levé. Rien ne prédestinait ce sympathique et polyglotte trentenaire alsacien, ancien développeur en informatique, à devenir commissaire de bord : « J’ai répondu à une offre d’emploi chez CroisiEurope il y sept ans, un peu par hasard. J’ai commencé comme animateur-accompagnateur, puis j’ai suivi des formations en interne et j’ai gravi les échelons ». Et le voici aujourd’hui avec ses trois galons, bien dans sa peau et dans dans sa chemisette blanche, souriant et prévenant, toujours disponible pour chacun des passagers et chacune de leurs demandes. « J’adore le contact avec les gens, les échanges. Une croisière fluviale, c’est toujours une formidable aventure humaine ». C’est aussi pour lui, qui est avec le commandant le « seul maître à bord après Dieu », une impressionnante logistique à gérer et mille détails à soigner, pour que le voyage se déroule dans des conditions optimales.



Ce matin, Julien est allé saluer son homologue du MS Modigilani, amarré à flanc du Symphonie sous le Pont-Neuf de Bratislava, à l’ombre d’une… soucoupe volante. C’est le surnom du bar-restaurant panoramique perché à 84,6 mètres de hauteur, qui coiffe le pylône unique du « Novy Most ». Au même titre que le grand château blanc à forme de table renversée qui figure sur les euros slovaques, cet ouvrage construit en 1972 sous le régime communiste, est le symbole de l’ancienne Presbourg, nominée pour le titre de « capitale européenne du tourisme intelligent 2020 ».

Jana, la guide d’excursion, rappelle que de nombreux souverains ont été couronnés dans cette ville effervescente, entre les rives du Danube et les contreforts des Petites Carpates. Elle en raconte avec amour les multiples facettes, son délicieux « Brinza » (le plat national à base de fromage de brebis) et son célèbre « Roski » (croissant fourré au pavot et aux noix), ses ruelles pavées et ses cours ombragés, ses façades pastel et ses micocouliers, ses cathédrales et ses palais. Sans oublier les deux plus célèbres habitants de la ville : « Schöner Náci », qui offre des fleurs aux dames croisées dans la rue et l’ouvrier Cumil, qui surgit d'une bouche d'égout pour regarder sous les jupes des filles… « Ces deux statues sont les monuments les plus photographiés de Bratislava, sourit Jana. La légende prétend que toucher la tête de Cumil permet d’exaucer un vœu, à condition de le garder toujours secret ». Nul ne sait, en toutes ces années de visites, combien elle en a formulés…



Le bateau a repris sa route. Installés sur les rives aux pentes douces, de paisibles pêcheurs le saluent de la main. Puis, passée la spectaculaire écluse de Gabcickovo, la lumière s’estompe soudain comme un trait de fusain. Sur le pont, caressés par une brise légère, quelques passagers sont venus contempler ces moments de grâce. Le temps semble suspendu. La nuit s’ouvre, ample et sereine. Le Danube leur appartient.

- Jour 4 : A la découverte des steppes Hongroises -


Avec son catogan, ses lunettes et son petit chapeau de paille, Raphaël Szabo a conservé son allure d’étudiant. Des racines normandes et onze ans passés près de Caen ont poli le français riche et soigné de ce guide-conférencier érudit, qui accueille les passagers à l’escale de Kalocsa. « J’aime faire partager aux gens la culture et les traditions de mon pays », explique-t-il fièrement, tandis que l’autocar glisse sur un mince ruban d’asphalte bordé de peupliers. Direction la ferme de la Puszta, lieu de valorisation de traditions ancestrales et domaine de sauvegarde d’espèces protégées, où cohabitent chevaux demi-sang, bœufs gris, moutons aux cornes torsadées, grues cendrées, porcs laineux et ânons fripons. Les visiteurs y sont accueillis par le claquement du fouet annelé des « Csikós », gardiens-bergers venus à leur rencontre en tenue d’apparat. Plus tard, après avoir goûté à la « Pálinka » (eau de vie d’abricot) et dégusté des « Pogácsa » (gougères au fromage), installés dans une petite tribune de bois, ils applaudiront ces fiers cavaliers des steppes hongroises, vedettes d’un spectacle équestre où l’homme fait corps avec la bête.


Raphaël et Laszlo, le chauffeur, sont contents : pour l’étape suivante de l’excursion, le car peut stationner juste devant la Maison du paprika, véritable musée dédié au culte de cette épice. Jadis importé par l’occupant ottoman, le « poivre du pauvre » fait la richesse et la fierté de la ville. Les habitants en confectionnent de longs chapelets rouge vif, qu’ils font sécher sur les façades de leur demeure. Culminant à 8,5 sur l’échelle de Scoville qui, sur 10, mesure la force des piments, le paprika de Kalocsa, dont la variété la plus puissante est baptisée « Erös », a notamment servi de médicament durant les grandes épidémies, mais aussi de moyen de paiement de la dîme, au milieu du XIXe siècle. Aujourd’hui, il est le condiment préféré des Hongrois, qui en consomment même au petit-déjeuner, et on le retrouve dans d’étonnantes déclinaisons commerciales, confiture, biscuit et même chocolat…

C’est sous le regard de la statue de Delibaba, sainte patronne (imaginaire !) des brodeuses, que se termine le périple. À la Maison des Arts Populaires et de l’Artisanat, longue bâtisse à la toiture de chaume, Raphaël rappelle la grande tradition de la broderie de Kalocsa, fine et légère comme une dentelle et distinguée par l’UNESCO au patrimoine immatériel de l’humanité. Et puisque tout bon moment se termine en chanson, il entonnera sur le chemin du retour un petit air de Transylvanie, accompagné par son « Brácsa », alto traditionnel à trois cordes.



À bord, Alexia, la jeune bretonne responsable de l’animation, prend le relais. Ce soir, au salon-bar, l’ambiance est alanguie. Au piano, Joszef récite son répertoire jazzy. Lentement, le Symphonie remonte le fleuve à contre-courant, comme un solennel retour aux sources, en route vers Budapest.

- Jour 5 : Les facettes contrastées de Budapest -

Longtemps, le bac et les ponts de bateaux furent les seuls moyens de relier l’antique Buda et la frénétique Pest, séparées par le Danube. Et s’y aventurer constituait parfois une entreprise périlleuse, surtout en hiver. Sous l’impulsion du comte Széchenyi fut alors décidée, au milieu du XIXe siècle, la construction d’un pont en dur, « plus hardi que tout ce que l’imagination peut rêver ». Dirigé par l’ingénieur écossais Adam Clark, le projet donna naissance, en 1849, au Pont des Chaînes. Gardé de part et d’autre par deux lions monumentaux, cet ouvrage magistral, fusion parfaite de la pierre et du fer, est devenu le véritable symbole de Budapest. « La perle du Danube », compte six autres ponts, parmi lesquels le Pont Marguerite (construit par le Français Ernest Goüin) et le Pont de la Liberté, dont l’oiseau mythique, le « turul », orne les quatre tourelles. Ils jalonnent la promenade enchantée que suggère une simple ligne dans le programme de la croisière : « Après-midi libre dans la ville ».


Peter ne raterait ça pour rien au monde. Il est venu d’une lointaine bourgade du Kansas, à la rencontre de ses racines magyares. À l’émerveillement de la croisière se mêle pour lui l’émotion d’un voyage initiatique : « Mon père a été chassé de Hongrie par l’occupant soviétique, après la Révolution de 1956. Il est parti aux États-Unis, en quête d’un monde meilleur. Il n’a jamais revu son pays ». Alors il est venu marcher sur ses pas, au fil d’une ville exubérante et généreuse où semblent s’être donné rendez-vous toutes les merveilles du monde. Et dont le cœur ne cesse jamais de battre, de l’aube au crépuscule.


Dès 6 heures du matin, le Grand marché couvert s’éveille et bruisse puis très vite fourmille. Sa façade en briques, sa toiture en céramiques et son horloge centrale lui confèrent des allures de gare. Mais le voyage conduit ici sur trois niveaux. Entre une multitude d’échoppes, il transporte les visiteurs dans un univers pittoresque et coloré, entre miel et pavot, matriochkas, vins de Tokay et bibelots. Tandis que sur l’autre rive, loin de toute frénésie, les bains du palace Gellért invitent à goûter à des instants de pur délice. Héritiers millénaires de l’époque romaine, perpétués par l’occupant ottoman et développés sous le faste l’empire austro-hongrois, les bains sont une véritable institution de la capitale hongroise, la seule au monde à disposer de sources d’eau thermale. Ils magnifient de somptueux écrins, à l’image du décor grandiose de Gellért, mais aussi de celui des bains Széchenyi, triomphe du néobaroque.


Peter ne compte plus ses pas. Ils l’ont hissé là-haut, sur la colline du château de Buda, entre les tourelles de calcaire blanc du Bastion des Pêcheurs ; puis dans les jardins apaisants de l’île Marguerite ; les magasins de souvenirs de la longue rue Váci, sous les colonnades de la Place des Héros et devant le Parlement, somptueux édifice aux flèches flamboyantes, où plus de 40 kilos d’or ont été utilisés pour la décoration de 691 salles, 233 statues et 20 kilomètres d’escaliers. Enfin, pour que demain le souvenir ravive chaque sens, il s’est assis sous les riches lambris et les plafonds rococo de la pâtisserie Gerbeaud, comme avant lui l’ont fait tant d’illustres personnages. Et, les yeux clos et l’âme en fête, il s’est laissé emporter par l’écume de chocolat, la houle de noix et le sang de pêche...

 

La nuit est tombée. C’est alors que Budapest prend sa dimension féérique. Lorsque, habillée de lumière, elle crépite comme une flamme et déploie sur le Danube ses éclatants reflets. Sur le pont du Symphonie, Peter et les autres passagers s’enivrent de ce spectacle éblouissant, tandis que le bateau lentement s’éloigne, traçant un sillon d’inoubliables souvenirs.

- Jour 6 : Esztergom, la « Rome hongroise » -

Un petit train attend les croisiéristes au débarcadère. Il prend son souffle, attaque courageusement une ample courbe, puis s’élance sur le pont Marie-Valérie. Tous le traversent aujourd’hui insouciants, qu’ils soient joggeurs, touristes ou marchands, loin des années de plomb, quand ce lien de pierre et de métal entre Hongrie et Slovaquie, détruit pendant la dernière guerre, n’avait volontairement pas été reconstruit.

Le court voyage s’impose. Car c’est depuis la rive slovaque, sur un quai de Stúrovo, que la basilique d’Esztergom, plus haute que le Panthéon de Paris, impose toute sa majesté. L’admirable cathédrale primatiale, semblant défier le Danube qui coule à ses pieds, projette ses deux campaniles à coupoles et son dôme nacré dans le ciel de l’ancienne capitale hongroise.

Une inscription en latin, « Caput Mater Et Magistra Ecclesiarum Hungarie », y rappelle l’importance de l’édifice et le définit en tant que « Tête, Mère et Maître des églises hongroises ». Ici, tout n’est qu’enchantement : fresques et vitraux, crypte et joyaux, reliques et tableaux. En 1856, pour la cérémonie de consécration, Franz Liszt y joua sa « Missa Solemnis », dont les notes semblent encore flotter entre les murs épais. Et c’est à Esztergom, cité royale et archiépiscopale, que naquit Etienne le Saint, premier souverain de Hongrie. Sur la colline du château, une statue monumentale de douze mètres de hauteur en commémore le couronnement, avenu le jour de Noël de l’An Mil.


Tout le monde a regagné le Symphonie, l’esprit encore empli des splendeurs de la « Rome hongroise ». Et tandis que le bateau lève l’ancre en direction de Vienne, tandis que sur le pont-soleil Jacqueline enchaîne les victoires au Mölkky, Laszlo Kanavor est déjà à pied d’œuvre. Pour ce jovial chef cuisinier hongrois aux allures de lutteur, la pression est montée d’un cran : ce soir, c’est dîner de gala. Au menu : crème Dubarry, millefeuille de foie gras au jambon de Bayonne, croustillant de veau embeurré de choux verts et sa sauce au Porto, allumette de reblochon façon « Grand-Mère » et omelette norvégienne flambée au Grand Marnier. Une véritable ode à la gastronomie française pour ce maître saucier à l’œil rieur, fan absolu de Paul Bocuse : « C’est ma maman qui m’a transmis sa passion. La cuisine, c’est ma vie. Et mon plus grand plaisir aujourd’hui, c’est de donner du bonheur aux gens grâce à ça ».


L’heure approche. Assisté par son jeune commis Attila et toute sa dévouée batterie, Laszlo, concentré à l’extrême, met la dernière main au dressage. Les plats se succèdent, la salle se régale. On y célèbre, sous des salves d’applaudissements, le voyage de noces d’Alicia et Victor, jeune couple espagnol, ou l’anniversaire de mariage de Nurit et Michael, venus d’Israël fêter sur le Danube leurs noces de diamant. Au dessert, c’est tout l’équipage qui fait le tour des tables, pour le plus grand bonheur de la Québécoise Nicole, touchée par tant de sollicitude : « Cette convivialité, cette relation que le personnel de bord réussit à créer avec les passagers, c’est formidable ! ».

 

Alexia orchestre de main de maître le spectacle de gala, donné par l’ensemble de l’équipage, qui a revisité les classiques du cinéma dans un grand moment de complicité avec les passagers.

La fête se poursuivra jusqu’à tard dans la nuit, entre piste de danse, cocktails colorés et bulles de champagne.

- Jour 7 : Vienne et ses traditions, entre histoire et gourmandises -

L’autocar file sur le « Ring », large avenue circulaire qui enserre le centre historique de Vienne. Au micro, Doris énumère les multiples attraits de la capitale autrichienne, régulièrement classée en tête des métropoles européennes où il fait bon vivre. Elle rappelle avec fierté qu’ici ont résidé les plus grands virtuoses, Mozart, Beethoven, Schubert, Brahms et - bien sûr - Strauss et que la ville jouit d’une renommée culturelle internationale. Théâtre d’une formidable effervescence intellectuelle et artistique, elle a connu son apogée au tournant des XIXe du XXe siècles, inspirant ou révélant des personnalités célèbres, comme l’écrivain Stefan Zweig, le compositeur et chef d’orchestre Gustav Mahler, le médecin Sigmund Freud, fondateur de la psychanalyse, ou le peintre symboliste Gustav Klimt, initiateur du courant sécessionniste et maître de l’Art nouveau.


Gourmande, la guide du jour invite aussi les croisiéristes à s’offrir une parenthèse sucrée dans l’un des célèbres cafés viennois, où tout est aussi beau que bon. L’Impérial est classé monument historique, le Korb accueille les écrivains, tandis que Marlene Dietrich, Paul McCartney ou Hillary Clinton avaient leurs habitudes au Landtmann. Quant au Sacher, il porte le nom d’un jeune apprenti pâtissier à la cour du Prince Metternich, Franz Sacher, qui en 1832 eût l’idée d’une génoise au chocolat fondant, garnie de confiture d’abricot et rehaussée d’une pointe de rhum. Il n’imaginait pas que sa « Sachertorte » deviendrait l’un des gâteaux les plus célèbres du monde…


En attendant, le car s’est arrêté sur ce qui fut jadis l’emplacement d’une « belle fontaine ». « Schöner Brunnen ». C’est ici, à l’écart de l’effervescence de la ville, qu’est né l’un des plus somptueux édifices d’Europe, à la fois château et palais, harmonieux mariage de puissance et de grâce. Opulent et romantique, Schönbrunn raconte l’histoire d’un empire, sa gloire, ses fastes et sa chute, le premier souffle de François-Joseph et le dernier de l’Aiglon, entre lambris de palissandre et damas de soie pourpre. Dans ce « Versailles autrichien », Mozart, âgé de six ans, a composé son premier morceau et a joué avec la future Marie-Antoinette sous les arches de la Gloriette ; dans l’immense Salle des glaces s’est mirée Sissi, tandis que « femmes tournoyantes et beaux officiers » valsaient dans la Grande galerie et que s’échangeaient, dans les splendides jardins, les plus tendres secrets.


Si les Habsbourg prenaient leurs quartiers d’été au château de Schönbrunn, ils s’installaient en hiver à la Hofburg, véritable ville dans la ville. Un palais monumental que chaque souverain, depuis Otakar II de Premyslides, margrave de Moravie puis roi de Bohême, époux de Cunégonde et fils de Venceslas, n’a cessé d’agrandir et d’enrichir. Lieu d’histoire et de mémoire à l’architecture hétéroclite, la Hofburg recèle mille joyaux. Du Manège d’hiver, sublime théâtre de spectacles équestres, à l’église des Augustins, de la serre des papillons à la salle des muses, des appartements impériaux à la couronne du Saint-Empire Romain Germanique, c’est un voyage foisonnant dans l’espace et dans le temps, au son de la valse et du canon, entre œuvres d’art, émeraudes, calèches et lipizzans.


C’est ici, dans l’aile de la Chancellerie, que vit le souvenir d’une femme éternellement jeune et belle. Un destin tragique et un film célèbre, porté par la grâce de Romy Schneider, l’ont élevée au rang de mythe. Elisabeth de Wittelsbach, épouse de François-Joseph, impératrice d’Autriche et Reine de Hongrie, affectueusement surnommée « Sissi », reste l’une des figures les plus romantiques de l’Histoire.

Le joli musée qui lui est consacré expose ses robes à crinoline et ses corsets de satin, mais il raconte aussi une Sissi solitaire, obsédée par son apparence et se baignant à l’huile d’olive. Une impératrice éprise de liberté, érudite, insoumise et tourmentée, condamnée à vivre une existence qu’elle n’avait pas choisie.

- Jour 8 : La fin d’une aventure enivrante -

Les notes du concert de la veille, ultime et prestigieuse étape du voyage, tourbillonnent encore dans tous les esprits, légères comme une valse. Mardi, c’est jour de change. Le Symphonie s’éveille sous un ciel de cobalt, les flancs chargés de souvenirs, déjà prêt pour une nouvelle aventure. À nouveau autour de lui chacun s’affaire : le temps, comme la rivière, ne s’arrête jamais. Voici donc venue l’heure de se séparer, le cœur plein et l’âme étreinte. On signe le livre d’or, on échange des sourires, des regards, des adresses. John Newton, journaliste anglais spécialiste des croisières, prend ses dernières notes : « C’était ma troisième expérience avec CroisiEurope et une fois de plus, j’ai adoré. Tout était bien : l’atmosphère à bord, le rythme, l’itinéraire et les excursions, le bon équilibre entre détente et culture. Sans oublier la « Touch of class » : une excellente nourriture ! » 

 

Un van les attend, pour les conduire à l’aéroport. Nurit et Michael descendent lentement la passerelle, se retournent encore une fois. Ils n’oublieront jamais ces quelques jours de bonheur sur leur beau Danube bleu. Ni Julien ni Alexia, Laszlo, Zuzanna, Peter, Joszef, Kitti et tous les autres, leur accueil, leur bienveillance, leurs petites et grandes attentions. « Au-delà des merveilles admirées tout au long du parcours, c’est aussi cela que nous avons beaucoup aimé dans ce voyage : la dimension humaine. Nous avions déjà fait une croisière, mais sur un énorme navire, avec des milliers de passagers. Alors que là, sur le Symphonie, nous nous sommes sentis vraiment bien, à notre place, comme en famille : here, everybody is somebody ». Ici, tout le monde est quelqu’un. »

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